Chroniques

The Great Divide – Tales from innocence and experience

The Great Divide – Tales of innocence and experience

Useless Pride

The Great DivideCela faisait longtemps que je n’avais pas mis un bon disque de modern hardcore fougueux et mélodique dans ma platine…la preuve , elle en frissonne encore. Et pour ma part j’ai mis longtemps à retomber de ma surprise quand j’ai appris que le groupe était français. Efficace , rageur et dynamique on se revoit dans les plus beaux pit à gueuler sur les refrains de Comeback kid , par exemple… L’ambiance en live ne laisse pas de glace, chacun des membres s’envole comme emporté par une tornade. Chacun saisit la moindre note pour en faire une vraie droite. Les parties mélodique sont bien menées et sont ce qui fait de TGD un groupe en devenir. C’est ce qu’on aime dans ce hardcore, qu’il assume ses ambiances froides et sensibles, sans jouer à « qui aura le plus gros son ». Les musiciens du groupe sont de divers milieux musicaux et techniquement ça se ressent et ça leur rapporte. Pour ce premier album neuf titres, le travail du groupe et surtout l’expérience d’anciens membres de Providence et Revive ont fait leurs preuves. Dès la première écoute …on pense à Comeback kid. Ensuite, on voit le clip avec Scott Wade et là on se dit, non c’est plus que de simples plagieurs ou groupies coreuses mais ce sont des mecs qui assument leurs envies d’un modern hardcore à la fois puissant et mélodique. La force de Champion et les mélodies d’un Killing the Dream, se retrouvent ici dans des titres comme « Break this wall » ou « Never be the same ». Deux featuring réussis viennent encourager ces petits tubes : « Our Time » avec Vithia de Rise of the north star (qu’on ne se trompe pas d’écurie!) et Leave Tomorrow avec Scott Wade. Et il en a fallut du culot pour ramener ce gars-là et le faire traverser l’atlantique ! Neuf histoires innocentes et expériences qui méritent d’être contées ou plutôt braillées dans toute la france, la scène se relève et on n’attendait que ça ! Dans la lignée de frenchies Wake the dead ou encore Nine Eleven préparez vos scène pour TGD. Stay tuned

 TD

http://thegreatdivide.bandcamp.com/

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Off With there heads – In Desolation

Off With there heads – In Desolation

Epitaph Records

off-with-their-heads-in-desolationSurprenant, le dernier album du groupe fait parler de lui. Autant Bronx que Menzingers ou Against Me ! Cet album est bien plus qu’un album de Punk rock Est Coast. La voix rauque du chanteur apporte tout son sens à une musique qui pourrait paraître trop vu et revu. On peut dire que ça y change beaucoup de choses. L’album est vivant, dynamique et plutôt bien vu même si on n’est pas à l’abri de marronniers dans les riffs. La personnalité du chanteur se fait sentir sur tout l’album. La pochette et ce livret en « roman photo » nous en dit long d’un groupe punk rock qui vibre de pessimisme. Un pont plutôt pas mal entre punk rock californien légendaire et le hardcore modern. Pas de raison que ça ne plaise pas aux deux. In Desolation, reprend les classiques et nous touche de sa personnalité énervée. Rien de bien révolutionnaire mais un groupe qui se révèle et ne nous a pas encore tout dit.

TD


Pennywise – All or Nothing

Pennywise – All or Nothing

Epitaph Records

Pennywise« Returning to their roots… » c’est ce qu’on nous dit sur la pochette…Et en effet, la pochette, reprend le symbole de Pennywise, bien connu de tous les 90s skate punkers. Sobre et basique, ce disque d’apparence nous ramène en effet aux prémices du groupe. Mais est-ce un leurre du fameux Fletcher ? Le guitariste hors pair, et aux rênes du groupe depuis le départ du chanteur historique : Jim Lindberg. On a tous frissonné à l’annonce de ce départ et surtout de la surprise qui s’ensuivit : l’arrivée de Zoli Teglas, chanteur du groupe Hardcore Ignite. Un pont sépare les groupes californie, façon Bad Religion et le hardcore mélodique, hyper travaillé d’Ignite. Mais un pont qui est plutôt facile à traverser pour Zoli, qui trouve finalement plutôt bien sa place, sur les anciens morceaux, en live. Il n’en fait pas trop et c’est ce qu’on attend de lui. Mais là il s’agit d’un nouvel album…Alors oui on est difficile. Autant l’être, car Pennywise, ne sera plus. On peut enterrer le groupe. Un Pennywise Bis est né, cependant. Car rien ne remplacera le timbre de Jim et ses valeurs 90s. Zoli apporte un grain de voix carrément plus speed et hardcore notamment dans le travail des rythmiques et dans les guitares. Sans pour autant nous faire du Ignite. On apprécie les guitares énergiques et explosives, sans que la voix de Zoli ne nous fasse des vibrato à la Figaro. Pas d’opéra -rock mais un album bien cadré, qui se voudrait revenir aux feux prémices de Pennywise (surement le fantasme de Fletcher) mais qui ne l’est pas. C’est un nouveau Pennywise, pas mauvais toujours mélodique et entrainant. Franchement pas décevant. Les paroles sont engagées, et Zoli est une très bonne relève pour Pennywise. Même Ignite, n’est pas à la hauteur. Un punk rock au nouveau souffle – notamment sur Revolution ou Let Us hear your voice. Ce qui reste de Pennywise c’est bien entendu les parties de guitares et mélodies de Fletcher, reconnaissables entre toutes. Donc pas de comparaisons à avoir. Mais de quoi se réjouir d’une collaboration fructifiante et pleine de nouvelles surprises.

TD


Pink Flamingos – The Clown War (Guerilla Asso – 7inch)

Pink Flamingos – The clown War

7inch -Guerilla Asso

Premier 45T pour ces normands. Inspiration punk rock old school, à la Teenage Bottle Rocket, un semblant, rock’n’garage à la Dwarves mais surtout un très fort instinct hardcore vieille école. Même si au final le groupe s’empare de mélodies punk rock et de guitares distordues qui me font sérieusement penser aux Chasing Paper Boy ou Mickey Randall (RIP) gloires françaises dans le genre. Et ce n’est pas un mal de prendre la relève de ces trés bons groupes français. Le punk rock français se porte donc très bien même mieux qu’avant. Il a repris du poil de la bête et on s’éclate à écouter ce 45T dynamique, gueulard à l’artwork sublime. L’objet est lui-même ; une belle galette transparente, et les paroles nous sont délivrées avec un message explicatif, qui prend le pas sur les futures questions en interview. Ainsi, on y apprend que les Pink Flamingos ne se considèrent pas forcément comme de bons rockers : la preuve ils ne sont pas tous tatoués, ne se droguent pas et pire …ne boivent pas autant que d’autres. Hérésie ? Non rassurez – vous les normands ! C’est surement cette recette miracle qui est en train de sauver ce qu’il reste de la planète punk rock. Enfin, merci à Guerilla Asso de produire des groupes du genre et de sortir de son créneau d’origine. Alors même si les Pink Flamingo on un très Bad Taste voire trash taste pour les noms de titres (et de groupes – Pink Flamingo est une référence au film de John Waters sorti en 1972 racontant les péripéties de l’être le plus immonde de la terre), leur musique est aggressive comme une sauce piquante dans un tacos et ça donne soif ! Allez dépenser vos 4 euros au Jardin des fous pour vous procurer une bonne galette au cidre normand !

TD


Chronique Atlas Losing Grip – State of the unrest

Atlas Losing Grip – State of the Unrest

Black Star Foundation

« Watching the Horizon » m’avait déjà bluffé, après un surprenant « Shout out the world » (DV’s Record). Musicalement tout était déjà réuni pour que ce groupe devienne une vraie bombe. Mais sans Rodrigo, soyons en sur : aucun hymne n’en serait ressorti. Avec cet album : Atlas losing grip assoit son statut de révélation punk hardcore mélodique avec maturité et quasi perfection. Rien de mielleux ici puisque la voix de l’ex Satanic Surfers et Enemy Alliance (Rodrigo Alfaro) est puissante, grave comme délicate et envoûtante…Mais surtout sans faille. Les guitares enchaînent les mélodies accrocheuses sans jamais s’arrêter comme dans une tornade de hardcore mélodique 90’s servie avec une sauce moderne plus mélancolique. On en ressort avec l’envie d’en savourer encore plus, comme dans un état de trouble perdu dans la sincérité qui se dégage des textes à la fois personnels et engagés. C’est l’énergie musicale qui manquait depuis 10 ans au paysage punk hardcore européen. 13 titres et 40 minutes qui vont vous réconcilier même les plus férocement coreux avec le mélo. Il suffit de voir d’écoutant le génie musical d' »All in a days work » ou le touchant « State of the unrest » pour se dire qu’il ne faudra pas les manquer lors de leurs rares passages en France. Après Millencolin, the suedish genius is comeback.



Chronique et photos : TD concert w/Millencolin @ Maroquinerie



InxSane « Trust these hands …are worthless »

Moonlee records

www.myspace.com/insaneslo

Le trio slovène d’In Sane n’est déjà plus un espoir de la scène punk hardcore européenne mais bien une valeure sûre avec ce second album. Présents sur tous les fronts en Europe en live et en studio le groupe donne tout avec une énergie ragente et un sacré charisme. Petits enfants de Propagandi, cousins de Against me! ou encore neveux de Comeback kid, les In Sane balancent avec efficacité un hardcore mélodique chiadé. L’artwork ouvre la porte à l’engagement quasi politique du groupe, peut-être un brin pessimiste. Intro et outro font frémir avec ce hardcore moderne parfois inspiré de Verse. Les 11 titres qui s’enchaînent alors, ne font que conforter l’idée que les ricains n’ont qu’ à bien se tenir, In Sane manque comme ses confrères français juste d’un peu de place dans le « punk rock business ». Ce hardcore mélodique très rythmé donne envie de lever les guitares et les poings. Dans un esprit DIY, In Sane véhicule un message avec force de conviction et passion: la recette magique pour devenir de vrais hardcore heroes.

T.D


The Reverend Peyton’s Big Damn Band – « The wages »

sortie le 25 mai 2010

SideOneDummy

« Ya un trou là ? Ya rien là d’dans… » disait-il dans une fameuse publicité symbole, avec les chemises de bûcheron, d’une Amérique profonde…Tout comme le Big Damn Band : véritable hymne aux traditionnels country-blues en santiag. Une bande de trois joyeux drills bien enrobés réalise un album presque OVNI, qui aurait pu être une bande originale façon modern western des frères Cohen. Le Reverand et ses deux compères dont sa dulcinée ressemblent à une famille de drôles de bandits braqueurs à tracteurs. Un tatouage de blé Indien sur le bras, un béret français et une barbe à en faire pâlir plus d’un agriculteur de Corèze. Le Rev’Peyton à tout pour séduire et surtout il a sait avec sa guitare country, son harmonica et sa voix nasillarde sortie du bayou, enchaîner les rythmes fous, à faire valdinguer les filles dans les pelottes de pailles. Un personnage charismatique, antipode du père-noël, qui de son Indiana profond nous fait aimer une musique quasi ringarde avec un humour de « Petite maison dans la prairie » à la freaks. Une musique de country club (écoutable cette fois) dynamique qui prend aussi les tripes avec ses mélodies folks songs, parfois même à suspens…On se croirait près à affronter Clint dans l’Arizona. La musique de Johnny Cash à trouvé son côté punk et Mister American Pie adore, la preuve : ils accrochent tous les publiques. Ils étaient sur scène cette année lors du Van’s Warped Tour et en première partie de Flogging Molly… pas étonnant avec des titres comme: Two bottles of wine…Un univers retro-kitch (Sugar Creek, That train song) jusqu’au bout avec même une ballade finale pour Miss Sarah. Pour ceux qui en ont marre des cornemuses avec le Big Damn Band on se voit bien au bord du Mississipi avec Tom Sawyer qui voudrait faire la ruée vers l’or… Une recette à succès: Amen.

T.D


Spanish Gambles – « It’s all coming down »

Paper and Plastick

Pochette monochrone, une trace de sang – ok, le message est passé: ici ça saigne. Du punk, un brin mélodique « for fans  of American Steel Banner Pilot, Smoke or fire » et à l’écoute : c’est encore plus exact. La voix est à l’identique d’American Steel, rocailleuse, arrachée et ça sonne plutôt bien. Musicalement la prod est impeccable et rend un punk rock énervé à la Rancid. Les titres mélodiques sont bien gérés, bien plus appréciables, pop-punk, rock qui suit un filon qui tient bon, les Spanish Gamble du Nouveau Mexique ont des riffs accrocheurs, défiant le punk pour en faire ressortir ce qu’il a perdu : un peu d’humanité et de réac’. Seul manque : les refrains qui restent en tête à reprendre le point levé…l’album plaira aux aficionados mais on peut en attendre plus à l’avenir et notamment, une personnalité à part entière.


Strung Out – Agents of the Underground (2009)

Fat Wreck Rcds

Fort de sept précédents albums et d’un ligne up quasi inchangé les survivants du hardcore mélodique nous reviennent pour cette sortie fin septembre 2009 après 20 ans à tourner et enregistrer mais surtout à nous délivrer une efficacité et technicité imparable à la recette mélancolique terriblement unique et indissociable de la voix de Jason Cruz! Strung Out sont làavec une sorte de bilan entre les mains d’observations de l’underground punk-rock. Le charisme et l’engagement de Jason Cruz y est pour beaucoup, compositeur et parolier, il est la force qui fait que Strung Out reste ce « mouton noir », comme ils le disent eux-même, du catalogue Fat Wreck. Seulement quelques mois après la sortie de Prototypes and Paintkillers une compilation de 25 titres, raretés et reprises dont on peut noter les extras Novocain, Ashes la version acoustique Velvet Alley et quelques titres old school, dont la reprise de Descendents I’m Not a loser! Plus quesympas pour les fans et la collec’. Mais Agents of the underground vient surtout à peine un an après Black Hawk Over Los Angeles. Productifs donc, mais plus encore le combo joue le jeu du combattant de l’underground avec une recette qui relève une nouvelle fois le niveau du groupe. Pas décevant, pas renversant au premier abord, mais l’essentiel est là, des mélodies uniques, une voix qui a son mérite et surtout moins surproduite que sur l’opus précédent. Le tout c’est cette potion de hardcore mélodique aux passages doublement heavy métal (Black Crosses, Jack Knife). Un album qui rappel An American Paradoxe (2002) et leur tournant de la fin 90 début 2000 avant le départ de Jim Cherry bassiste. L’album assume un regard sur le punk rock comme pionniers, puisant aux racines, l’opus fredonne bien cette nostalgie musicale. Ici tous les morceaux sont bon a prendre et à réécouter, l’album ne laisse aucun creux, tous les titres valent le détour. Un 11 titres aux textes forts de maturité (Andy Warhol une positive et profonde clôture) que l’on on peut qualifier de VRAI bon album sans détourner le regard.

T.D

Chronique parue dans Abus Dangereux


The Bomb – Speed is everything (2009)

No Idea Rcds

Le label No Idea producteur-activiste de punk-rock américain depuis 1989 sort le second album de The Bomb. Un groupe dans les mêmes racines que le label qui sait aussi creuser son propre sillon. Le punk rock descendant indirect de Dag Nasty est ici défendu par une un album propre qui gagne des expériences de ses membres (The Metadones, The Story so far) et de la scène de Chicago qui renait de solides cendres punk-hardcore depuis quelques années. Énergique, l’ensemble prend son envol au fur et à mesure des titres par la voix et les harmonies de J.Pezzati allié à la production de J.Robbins, le tout ponctué de titres aux mélodies pop punk. Un groupe qui dès les premiers accords nous accrochent avec les mélodies aux riffs accrocheurs, accompagnent une voix singulière au premier abord, qui n’est pas sans rappeler celle de Mr Ching ping de SNFU : Jeff Pezzati qui a prêté sa voix au dernier Paint It Black. Surpris puis conquis, la deuxième écoute donne le coup de grâce. Et grâce c’est bien le mot, avec The Rescue ou A Song for Helena les ambiances pop ouvrent un punk-rock qui sublime cet hybride ou la rapidité se donne en spectacle. Plus les titres courent, plus les mélodies mélancoliques s’emparent des émotions : une bombe. L’album de ces survivants marginaux des 90s est de qualité et vaut le détour.

T.D