Interviews

Get your gun – Spleen nordique

Le six juin dernier, ils étaient en première partie d’Archie Bronson Outfit. Et autant vous dire que sur scène comme en disque, entre les deux groupes, il n’y a aucune comparaison. Si l’un évoque immédiatement les couleurs musicales du psychédélisme, l’autre s’engouffre dans les grondements sombres de l’âme.

Leur premier album « The Worrying Kid », à peine sorti a reçu les honneurs un peu partout en Europe. En France, Libération leur a même consacré une double page culture alors que peut-être quelques mélomanes n’a entendu leur single « Black Book ». C’est dire. Le mystère qui plane sur ce trio ne demandait donc qu’à être révélé. Quitte à plonger dans une mélancolie nordique pour saisir leur essence ; autant le faire en noir, et c’est de cette couleur vêtue que j’ai rejoint dans une brasserie parisienne, Simon Westmark, Andreas et Soren. La barbe touffue comme un mormon, Andreas, lui aussi préférant le noir, même par 30 degrés, évoque Nick Cave ou encore Timber Timbre comme influence. On les retrouve cet automne en tournée européenne.

Vous serez en concert le 30 Octobre à l’International à Paris, après une date en juin, pour la sortie de votre nouvel album ; comment percevez-vous votre arrivée en France?

Andreas /lead singer : Je pense que c’était en quelque sorte un avant goût pour notre tournée d’automne. C’était une belle surprise de voir également une publication dans un journal aussi réputé que Libération pour nous, jeune groupe qui n’avons quasiment jamais joué en France ! Et même pour notre équipe de communication : Boogie drugstore qui s’occupe de notre promotion ici. Mais ce n’est pas notre première fois en France, en réalité, je me souviens maintenant que nous avons déjà joué aux Transmusicales de Rennes. A l’époque nous avions à peine un Ep et maintenant nous revenons avec un album. Simon, qui âgé à peine de 18 ans devait réaliser son deuxième concert et encore ! Depuis, on a tourné en Russie, dans notre pays et en Scandinavie et on a même été dans plusieurs grands festivals là-bas, puis en Belgique et Norvège. La plupart du temps en Europe du Nord et de l’Est alors c’est vrai que la France, c’est tout nouveau pour nous et maintenant que l’album est bien accueilli en Finlande on a envie de voir comment cela peut évoluer ailleurs.

Get Your Gun a un univers et une ambiance musicale bien particuliers, comment les décrire?

On fait du rock très noir, lent et noisy, avec beaucoup de répétitions, ce qui ajoute une cadence et une tension voulues. On touche aussi un peu au stoner rock. Etrangement, beaucoup de gens à nos débuts nous rapprochaient de Nick Cave. Pourtant quand on a commencé à jouer ensemble on n’avait aucune idée du style que l’on voulait et où cela nous mènerait. C’est difficile de poser des mots sur sa musique mais une chose est sûre : c’est que c’est du rock sombre. Lent, lourd mais allant de soi.

On qualifie votre musique de  « Nordique Mélancolie », est-ce vrai?

Oui définitivement. C’est très noir et on fait attention à ce que cela soit aussi noir qu’intense. On veut créer un lien entre un rock puissant et fort et l’intensité qu’on y amène.Car tout concerne la tension. Une tension quasi psychotique entre les parties lentes et plus lourdes. Il y a un peu de cela, oui. Cette ambiance, vient certainement de nos origines danoises. Il n’ y a pas tellement de gens chez nous et lorsque tu ne joues pas au football ou autres, tu es un peu à part. Cette idée de ne pas rentrer dans les codes, doit avoir un effet, même si tu n’es pas pour autant exclu du pays. Au contraire, cette sensation en fait partie. C’est difficile de te regarder avec assez de recul …mais je pense que l’on sonne comme notre ville Copenhague, qui est une partie de nous.

Vous avez aussi des tentations folk dans cet album…tu peux nous en dire plus ?

J’aime vraiment la country et je pense que les gars et moi on est tous des fans de ce genre comme de Nick Cave.Ce qui est fou avec cette musique c’est qu’elle recèle parfois les paroles les plus tristes jamais entendues et cela avec uniquement une guitare folk et des airs peu sombres. Les musiques ne le sont pas forcément, souvent elles sont simples, mais extrêmement noires. Il y a beaucoup d’honnêteté dans la country et la folk. Il y a aussi beaucoup d’histoires et ça me plait d’en raconter.

Comment créer cette ambiance si particulière ?

Principalement parce qu’on ne change pas nos cordes si régulièrement. On utilise quoi, trois cordes au plus. Sincèrement, cela y joue. J’aime bien explorer une chose, un élément musical, un thème… et rester sur cela afin de l’approfondir, au lieu de passer à quelque chose d’autre, de plus frais. De ce fait, tu t’engouffres dans cela d’une façon qui plonge la musique. Cela devient dur. D’ailleurs, c’est plus par le son et la tension qu’il regorge que les structures et changements de nos compositions que l’on créé cette atmosphère. Et honnêtement cela relève de quelque chose de vraiment simple. Bien sur on pense à ce que l’on fait techniquement, on veut jouer correctement quand on enregistre, on est pas un jam band non plus. Mais on ne s’accroche pas jusqu’au dernier détail, et ça n’a pas à être parfait mais tendu. On fait la basse, guitare et la batterie , et ensuite on prend le meilleur.

Tout en gardant un certain contrôle. Quelque fois tu aimes qu’une chanson s’en aille d’elle même. En même temps la musique se concentre principalement autour de cette idée de perdre le contrôle alors qu’au fond, tout est souvent sous contrôle. C’est paradoxal.

Que révèle ce titre, selon vous ?

La frustration que concentre notre société moderne me fascinait. Cette chanson est à propos de tous ce que l’on a à s’inquiéter à propos de moi et tout le monde. Je voudrais dire on a jamais été un groupe politique mais c’est plutôt tout ce qui nous entoure. Ce titre ce qu’il révèle, c’est une bonne question. C’est un sujet universel. Je ressens cela ainsi, ce n ‘est pas universel ni un concept. Je pense qu’on a tellement de choses à s’inquiéter, il y a ceux qui sont en stagnation, d’autres tabous je pense que le plus gros tabou de notre société est l’éducation, j’ai l’impression que dans la société on ne peut pas parler de tout ce qui nous oppresse et d’agressivité, on ne doit pas en parler et tout laisser de côté. J’ai toujours été inspiré par ces choses autour de moi mais je n’en ai pas vraiment conscience, c’est plus comme un fléau qui te poursuit constamment et qui se place dans mes textes inconsciemment.

Tiphaine Deraison

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TOUCHE AMORE : « Is Survived By » l’album qu’on attendait

Interview parue dans ABUS DANGEREUX # 129 – Interview en version intégrale (plus de 40 minutes d’entretien  & réalisée à LA lors de la release party du groupe en octobre 2013 – à venir dans la version papier du jIP #5)

Amorcé en 2007, le groupe de Los Angeles, n’en démord pas. Il est l’héritier d’un emo-core 90’s cinglant et profond.

Mêlant les ravages heavy de guitares à la fois influencées par Converge et Thursday, aujourd’hui « Is survived by » est le troisième album du combo de Los Angeles. Un album qui perce et reflète, toujours plus cet état d’esprit singulier. « Parting the sea between brightness and me » sorti en 2011, les avait propulsé le long des routes et surtout affirmés sur un label très rauque : Deathwish records. Le label de Jacob Bannon de Converge. Sans larmoyance, Touche Amore pousse un cri qui n’en finit plus de retentir, écho après écho, cirque de montagne en désert du Nevada, il se répercute jusqu’à en faire la première partie de groupe tel American Nightmare ou AFI.

En découvrant Is Survived By, je me suis tout de suite demandée, d’où venait le titre. Jeremy à rit, en me disant : « En soi ça ne veut rien dire. Mais c’est un appel au futur plus qu’un titre négatif. J’ai vu cette expression dans les journaux, tu sais dans la rubrique nécrologie. Lorsque les familles annoncent un décès on écrit « M.Untel laisse derrière lui (is survived by) son fils et sa fille Untel… », c’est à la fois certes, une référence à la mort mais surtout à ceux qui nous survivent, et donc qui gardent notre mémoire. Ceux qu’on laisse derrière nous… ». Jamais un groupe n’aura provoqué un tel tremblement de terre. Piano Become The Teeth, serait peut-être un de ceux qui les rejoindrait les mieux sur scène. Mais une chose n’en égale pas une autre, et Jeremy Bolm, n’a d’égal que lui-même. Atypique, le personnage n’en ai pas moins sincère. « True » comme disent les américains. Un être qui dérange les hypocrites par tant de candeur cachées derrière une voix dantesque.

TA

Punk News a écrit une chronique de ce nouvel album en disant que toi, Jeremy – lead singer, tu rend cet album très spécialement profond par ce que tu dégages dans ta voix, une vulnérabilité et une sensibilité certaine », cette phrase m’a fait écho, j’aimerai savoir ce que tu en penses ?

Jeremy Bolm : c’est flatteur, c’est vrai que c’est un disque très personnel. Si ils ont en plus ressenti cela en écoutant notre disque je suis content que c’est ce qu’ils en ont conclu.

C’en était le but ?

J : Oui tout a fait, j’ai jamais écris une chanson à laquelle je n’étais pas émotionnellement attachée. Je ne voudrais pas prendre quelque chose à ceux qui l’écoutent, j’aurai la sensation de les voler par manque d’honnêteté car je n’aurai pas été complètement honnète avec eux. Je veux donner autant que possible car le public me donne un peu de son temps, c’est la moindre des choses à faire en retour. Dans la composition également c’est important de donner autant que l’on peut.

Vos influences semblent se rapprocher de groupes comme Thursday, comment vous ont-ils influencés ?

J : C’est un groupe que j’ai découvert quand j’avais 17 ans. Dès les premières chansons que j’ai entendu d’eux je suis complètement tombé amoureux. Ils m’ont influencé dans beaucoup de voies différentes aussi bien musicalement que dans les paroles et leur façon d’être. Je les ai rencontrés sur une de leur première tournée californienne. Il ouvraient pour quatre groupes dont Murder City devils. Ils jouaient à peu près devant 30 gamins ! Je les ai rencontrés ce soir-là c’est comme si une amitié à commencé avec eux. Aujourd’hui, ils sont toujours ceux que j’avais rencontrés. Je les ai vu aller au travers de la popularité comme de l’adversité. Lorsque tu fais un disque qui n’est pas bien apprécié par exemple. Je les ai vu durant presque leur entière carrière et ils sont restés identiques à eux-mêmes. Humbles, gentils et attentionnés c’est inspirant de voir cela car tu sais avec le temps ils pourraient m’oublier ou quoi et avancer ou oublier notre amitié car ils jouent dans de grosses salles etc. Mais ce n’est pas le cas. Il sont vraiment important pour moi et c’est aussi pour ce respect que j’apprécie d’autant plus ce groupe. On réfléchit beaucoup à ce que l’on fait en tant que groupe à cause d’eux.

C’est important, de rester humble comme cela ? Car vous avez eu ces dernières années une grosse évolution !

J : Oui, absolument. L’idée de ne pas l’être m’est bizarre. Comment quelqu’un peu être égoïste ou avoir la grosse tête à cause du succès de son groupe ? Pourquoi quelqu’un serait agressif ou malpoli envers quelqu’un qui écoute sa musique ? Ils agissent comme si tu les ennuyais par exemple alors que c’est tellement l’opposé de ce que l’on veut faire : juste trainer, parler et donner autant que l’on peut. Pour moi ça , c’est logique.

On vous représente parfois dans les médias comme un « hipster band » alors que vous semblez totalement opposé à cela, cela vous fait quoi ?

J : mais en même temps, quel groupe de hardcore s’est vu être accepté en dehors de cette communauté ? Pour tous ceux qui ne connaissent pas cela peut être étiqueté « hipster band ». Je pense que ces remarques viennent le plus souvent par jalousie. Les gens aiment pointer du doigt, critiquer et enfoncer les autres dès qu’ils peuvent, peut-être parce qu’ils ne se sentent pas acceptés de la manière dont ils sont. Peu m’importe qui écoute notre groupe, on l’accepté et que se soit un métaleux, un mec qui écoute du hip hop ou un gars qui écoute exclusivement Mumford & sons. Je dis juste merci, on apprécie beaucoup. Je n’ai pas non plus besoin d’avoir une audience uniquement punk/hardcore et de m’entêter à bousculer des idées arrêtées et je n’irai pas très loin avec ça. Je veux faire de la musique entendu par autant de gens que possible. Tout le monde veut s’éclater dans un groupe après tout, et tout le monde devrait en faire un !

Discographie :

…To the Beat of a Dead Horse (2009)

Parting the Sea Between Brightness and Me (2011, Deathwish)

Is Survived By (2013, Deathwish)

EPs

Demo (2008, No Sleep)

Searching for a Pulse/The Worth of the World (split with La Dispute) (2010, No Sleep)

Touché Amoré / Make Do and Mend (split with Make Do and Mend) (2010, 6131/Panic)

Touché Amoré / The Casket Lottery (split with The Casket Lottery) (2012, No Sleep)

Touché Amoré / Pianos Become the Teeth (split with Pianos Become the Teeth) (2013, Deathwish/Topshelf)

Touché Amoré / Title Fight (split with Title Fight) split (2013, Sea Legs)


The Story So Far – La relève pop punk au goût de « california sun »

the story so far

The Story so far

« Under…California Sun »

A Meerhout, chaque année depuis 1992 le dernier week-end d’avril transforme tout un champs verdoyante en joyeux bordel. L’évènement qui ne connaissait qu’une petite fréquentation de quelques centaines de personnes à ses débuts, rassemble actuellement plusieurs milliers de festivaliers venant des quatre coins de l’Europe. Au total 40 000 festivaliers sur deux jours venant de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne, de France, d’Espagne, d’Autriche, de Suisse, de Russie, d’Italie, entre autres,. Avec cinq scènes au total le festival est le moment de fêter le printemps en compagnie des meilleurs dans une ambiance bon enfant. Cette année 2013 encore, on a pu apprécier les live de : Rise Against, Bad Religion, Pennywise, Hatebreed, Comeback kid et les tout jeunes The Story so far!

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Interview : Verse- Bitter Clarity Uncommon Grace

Suffering to live, scared of love

VERSE

Après Aggression sorti en 2009 Providence voit renaitre de ses cendres l’âme égarée du modern hardcore. Avec Bitter Clarity, Uncommon Grace,le groupe signe un retour frais et puissant.

Agression était aux prémices d’une nouvelles vague modern hardcore lors de sa sortie en 2009. Il s’est ajouté à toute une vague de groupes comme Defeater et autres Have Heart dans son sillon. Pourtant la dissolution du groupe fut des plus frustrante pour un public qui n’a jamais eut l’occasion d’ apprécrier l’album en live. Une perle energique, osant le mélange d’ambiances aux paroles engagées et aux titres intenses. Trois ans plus tard, le groupe se reforme. Ils reviennent dans la foulée avec Bitter Carity, Uncommon grace.

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Interview – Dallas Green « Little Bird » third album from the project City & Colour – ABUS DANGEREUX itw (dec2011)

City & Colour

cityandcolour_3_ Credit Vanessa Heins

Près pour une escapade dans les profondes tourmentes de l’âme? Little Hell, est le troisième album du chanteur mélodique d’Alexisonfire. La voix de Dallas Green, puissante de pureté traverse les peurs et angoisses avec autant de délicatesse que de justesse pour décrire ce petit enfer qu’est la vie.

Son deuxième album aux arrangement plus folk et country (surtout en live) prouve le talent de Dallas Green en tant que folk singer. Little Hell est un petit paradis de mélancolie. Aussi pur que la voix de ce chanteur hors pair, c’est un album composé à plusieurs : entre rock folk et country. Un projet qui sonne aussi la fin de sa participation à Alexisonfire – au punk hardcore mélodique ultra énergique.

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Vitamin X – Joker in the pack #2 (2008)


Vitamin X, c’était le show le plus motivant en ce vendredi soir du Free Edge Fest. Un groupe surexcité, pour un publique connaisseur (même si peu nombreux…). Des straight edge « engagés » dans la connerie, qui nous ont fait vivre une super rencontre au final ! En effet, J.I.P les rencontre après leur set ; encore à chaud, le bassiste (Alex), le guitariste (Marc) et le chanteur (Marco), répondent aux question qui se transforme plutôt en une conversation, où les fous rires partent dès la présentation des membres… En fait, toute l’interview fût une blague, alors que je tentais de me concentrer sur mon anglais ; les trois meneurs du groupe pas fatigués et à vrai dire increvables, m’ont complètement fait pleurer de rire…
Le pire c’est qu’ils sont vraiment très sympas, et après quelque chose comme 45 min en interview, c’est eux qui par la suite ont eut l’initiative de prendre des nouvelles de la réalisation de l’interview et du jingle.
Rien a redire ; la vitamine est là…et la posi attitude bien plus encore !

1.    Racontez-nous votre parcours dans la scène punk-hc ?

MARCO= Notre premier disque est sortit en 1998 à peu prêt, et notre premier concert était en 1997. Puis 2 maxis sont sortis sur Comitment Rcds un label hollandais, en 1999. Ensuite, on a signé avec un label américain : Avoc Rcds et depuis tout nos albums sortent sur ce label américain notamment l’album « see through the lies ».

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Itw Fat Society – Joker in the pack #1

(Loic – chant)

1.Tout d’abord est-ce que tu peux nous présenter un peu ton groupe ?

Alors, Fat Society de Toulouse, on fait du Brutal Hardcore avec Rémi à la batterie, à la basse Richard ou Waller, selon les disponibilités, comme on a pas de bassiste fixe pour le moment on voit quand ils sont disponibles, pour info Waller joue dans Right for life et Richard dans Nine Eleven et Backsight. Après aux guitares il y a Julien et Lionel et au chant moi.

2. Tu pourrais nous raconter un peu votre parcours, au niveau des enregistrements ou au niveau des concerts ?

On a sortie une démo et après on a fait une petite tournée en Belgique de 4 dates, une tournée avec 2 autres groupes. Ensuite on a sortie un maxi, ça nous a permis de tourner et on a notamment joué au Fury Fest pour la seconde édition. Puis on a sortie l’album chez Desagree Records comme le maxi d’ailleurs et là après on a fait une tournée encore et après l’album on va sortir un split avec Disturb de Marseille et on a une tournée de prévue avec eux en fêvrier.

3. Est-ce que tu peux nous parler un peu de vos influences musicales ?

Nos influences c’est pas loin de kickback, No felt dust, Madball, Scared et voilà en gros c’est ça.

4. Est-ce que vous avez des projets pour l’avenir des contacts, des liens ?

Toujours jouer de plus en plus essayer de découvrir d’autres pays comme l’Allemagne ou on a jamais été et la Hollande.

5. Est-ce que vous privilégiez plutôt le côté texte ou vos compositions musicales?

Plus récemment le côté texte, moi je suis chanteur donc ce n’est pas évident. J’ai essayé de faire un truc plus construit avec la musique, pas forcément au niveau des textes mais au niveau du phrasé, de ce que je faisais au chant mais maintenant je me focalise sur un seul sujet, sur un seul univers comme ça je fais des trucs liés à l’héroïco – fantaisie. Et donc au niveau des textes, tout mes textes sont sur cet univers là, effet je me suis influencé voilà des textes de l’héroïco-fantaisie, j’ai retranscris les textes en essayant de retrouver un cohérence avec notre monde.

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Lost Boys « Don’t touch my LP’s » interview – Joker in the pack #3 (Déc.2008)

Ce groupe -dude- c’est les Black Flag français ! Un retour aux sources qui fait du bien, qui ravive cette petite flamme qu’on a depuis gamin, le casque sur les oreilles et la board sous la main. Tout simplement parce que du Old School c’est les racines, et qu’on en a tous écouté. Avec Lost Boys Comment ne pas penser à ce noyau dure avec des figures telles que Rollins et Biafra. Lost Boys viennent de Lyon : G.Flo à la batterie (comprenez Grand Flo), Bertrand à la guitare, Jo’ à la basse (un petit nouveau ouais !) et Lucien au chant. Rapide, efficace, détonnant…Ajoutez à cela une démarche et motivation qui leur donne l’occasion aussi de bouger très souvent et même hors de nos frontières…Vous obtenez donc une bombe de Hc intemporelle qui vous éclate à la figure 20 ans après. On peut en être fier, c’est chez nous ! Chopez les prods, faites les jouer, chroniquez-les mais en tout cas vous ne pouvez pas passer à côté…bien entendu si vous aussi, vous détestez grandir !

«[…]I don’t want to grow up, If growing up means being like you, Then I don’t want to be like you, Recycled trash, It’s deja vu […]» DESCENDENTS


J.I.P: « Lost Boys » ou les « garçons perdus »; c’est sympa mais ça fait référence à quelque chose? (genre syndrome de Peter pan ?)

Bertrand : Au départ le nom vient de ce film 80’s de vampires Génération perdue mais aussi d’une poignée de morceaux de MIA compilés sur Alternative Tentacles sortis sous le nom de Lost Boys. Quant à la référence à Peter Pan, c’est bien vu et je crois que ça nous correspond tout à fait. Cette notion et cette volonté de refuser de grandir, de refuser les valeurs du monde adulte. On est tous atteint du syndrome de Peter Pan dans le groupe.

G.flo : Lucien le dira mieux que moi mais je pense qu’on se retrouve pas mal dans cette notion de garçons un peu perdus dans ce monde bizarre… allez Lucien développe !

Lucien: C’est une référence à tous les gamins qui grandissent trop vite et qui mettent des costumes trop grands pour eux, qui lisent Stephen King et voient sous chaque tas de feuilles mortes une bête prête à surgir… C’est un beau doigt à tous les carriéristes et laudateurs du Travail, aux zombies que je croise, qui ne servent à rien, qui ne m’ apportent rien. Belles poussettes. Nouvelles bottes. Téléphone-Internet-réacteur. Discours sur mesure. Punk-rockers en mousse. Des meutes de vide. Creux. Débiles. Lost Boys c’est pour tous ces gens cons comme des ballons qui polluent mon espace.

J.I.P: Comment se compose le groupe ? Des side projects pour certains ou d’anciennes formations?

Bertrand : Je joue de la guitare dans Lost Boys. C’est la première fois que je suis autant impliqué dans un groupe. Auparavant je jouais dans un groupe 60’s punk avec des gars de Lyon, nous n’avons fait qu’un seul concert. Quand j’habitais à Besançon j’ai joué dans un groupe qui s’appelait Hate Free: du Hardcore entre Ten Yard Fight et Strife.

G.flo : Je joue la batterie dans Lost Boys. J’ai déjà eu d’autres groupes avant. Je chantais dans The Cold Within qui était un groupe de Hardcore Newschool un peu à la Shai Hulud et consorts…J’ai aussi joué de la batterie dans un groupe de blues/stoner (si,si!) qui s’appelait Sungod motel.

Lucien : Je chante. Mon premier groupe s’appelait Nothing to prove, c’était il y a une dizaine d’années… j’ai aussi joué dans Uprising et Violent Pacifiction. J’ai un petit projet où je joue de la batterie sur Montbéliard qui s’appelle Gorilla Grippin’.


Vous avez débuté en 2006, comment ça s’est passé depuis? Niveau line up, concert; ça évolue?

Lucien: On joue régulièrement, on enquille les kilomètres et les aires d’autoroutes. Malgré les mauvais sandwichs Tricatel et notre problème de bassiste. Pas facile de trouver quelqu’un de motivé, sérieux et disponible dans ce bas-monde pour tenir un manche… On avance, on se fait plaisir, on apprend c’est ça le principal. Une chouette aventure !!


J.I.P : Vous êtes de Lyon, comment est la scène de l’est? Les concerts et endroits cool que vous pouvez citer?

Bertrand : Je tiens à préciser que je ne suis pas lyonnais d’origine, j’habitais Besançon avant de m’installer à Lyon il y a maintenant 5 ans. Côté scène de l’Est, je citerai pour Lyon : les Buttshakers (garage-soul, avec une chanteuse dotée d’une voix énorme) et Copper Blue (punk-rock ambiance Husker Du, Mega city Four et Jawbreaker). Ces deux groupes restent mes préférés de la ville. A Saint-Etienne il y a Ken Park (Negative Approach-style, bien vénère et rentre dedans), je préfère en live que sur disque. Toujours à Saint-Etienne en punk-rock il y a Clean Cuts que j’adore et Le Parti (plus dans le délire post-punk), super bien aussi.
Pour le grand Est je pense tout de suite aux excellents
Strong As ten et aux potes de Besançon The Irradiates (superbe surf-music même si un poil trop gros son !!!). Black Zombie Procession from Besançon city ont bien la classe aussi. Flying Donuts sont énormes à voir en live absolument.

G.flo : A la liste de Bertrand j’ajouterais tout de même le groupe Fleurs de Lyon qui est un groupe de garage ultra vénère vraiment classe ! Puis on a tout de même d’autres groupes genre Overmars ou Daïtro qui sont déjà bien installés…Lyon est une ville plutôt cool au final!

Lucien : En ce qui concerne les concerts – c’est ça qui me vient tout de suite à l’esprit – j’ai de mémorables souvenirs : Madball au Cube à Audincourt en 96, The Spudmonsters l’année d’après, Strain au Pinky Bar à Nommay, Turmoil à Strasbourg, etc… D’inoubliables moments, que ce soit Sapo ou Sarah au Nelson Bar ou Botch à Nancy…

Vous êtes très influencé Old School, vivre dans le passé: pourquoi?

Bertrand : De manière générale tout ce que j’aime est Old School : la musique, le ciné, les bouquins, les fringues, la déco’. Je suis un nostalgique de première. Je crois que je suis né dans la mauvaise époque, 30 à 40 ans trop tard. En ce qui concerne le Hardcore, je n’ai jamais trop tapé dans les groupes métal donc plus actuels, j’aime quand le HxC garde une touche punk-rock. D’un point de vue technique, je crois que je serais incapable de jouer autre chose aussi, mes riffs de guitare sortent instinctivement, ce n’est pas calculé, ça sonne avec cette touche « vieux » Hardcore.

G.flo : Je suis plus ouvert à d’autres styles de musiques même les plus récents. Pour Lost Boys cependant je crois qu’on s’est vraiment tous retrouvés avec cette envie de faire un groupe droit au but et ce style de musique nous est apparu comme une évidence.

Lucien : Tout simplement parce que j’y trouve une rage, une radicalité, une violence que je ne retrouve pas forcément dans d’autres styles. Bad Brains, Black Flag, Dead Kennedys, Adolescents comme exemples de vieilles gloires, Life’s halt, Ceremony, Cut the shit, Sunpower, Skate Korpse, Career suicide pour les plus récents ; ils ont en commun ce quelque chose qui me fait serrer le poing et me donne la chaire de poule…Le schéma musique rapide/chansons courtes me plaît beaucoup.

J.I.P: Votre playlist Old School en 10 titres dans la foulée tiens !

Bertrand : Excellente question, bien plus importante que de savoir où je me situe politiquement mais très difficile à y répondre. Allez je me lance voici 10 titres de Hardcore à l’ancienne qui me donnent la trique, qui me permettent de respirer, de me sentir vivant, de cracher mon venin, de supporter ce triste monde. Dans le désordre :

Angry Samoans : Right side of my mind
Black Flag :
Fix me
Descendents :
I’m not a loser
Channel 3 :
Catholic boy
The Germs :
Media blitz
JFA :
Beach blanket bong out
Zero Boys :
Civilizations dying
D.I :
Hang ten in east Berlin
Misfits :
Bullet
Husker Du :
Diane

G.flo : allez je tente .c’est une impression sur le moment là mais en aucun cas exhaustif…
SSD : Boiling Point
Negative Approach :
Nothing
Jerry’s Kids:
Straight Jacket
Gang Green:
I have Rabies
F.Us:
My America
Reagan Youth:
Degenerated
Adolescents:
Kids of the black hole
Minor Threat:
12XU
Black Flag:
Nervous breakdown
Circle jerks:
Beverly Hills
Verbal Abuse:
I hate you

Lucien:
America’s Hardcore: Born prejudice
Gorilla Biscuits :Start today
Offenders:Lost causes
Misfits: Skulls
Genetic Control:1984
Big Boys:Sound on sound
The Freeze:This is Boston not L.A.
Minor Threat:Out of step
Channel 3: Wetspots
Bad Brains: I against

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Suicidal Tendencies – Interview Joker in the pack #3 (2008)

ST est en ville ! L’éternel comeback du groupe qui a survécu à tout (le FBI, le business, le succès, les conflits internes, les problèmes de santé). Après une 1e carrière pavée de succès, la carrières des ? original punk skaters from venice Beach ? a été émaillée de reports : reports de sortie de disques, reports de tournées…La malchance colle au groupe. Après le fracassant FREEDUMB qui avait mis tout le monde d’accord en 1999, on se disait que c’était bon, mais le dos du leader MIKE MUIR a dit non. Le projet funk-métal (un peu relou pour moi) INFECTIOUS GROOVES mené de front avec les mêmes membres, brouille également les pistes et le retour tant espéré au sommet semblait toujours repoussé. Et puis, à l’occasion d’une tournée française il y a 2 ans, j’ai pu vérifier que la machine scénique était aussi impressionnante que la rumeur le disait. A plus de 40 ans, Mike Muir n’a rien perdu de son charisme et 25 ans de carrière n’ont pas entamé leur efficacité .


Interview  réalisée avant un concert (orgiaque, de 2h !)  au Mans le 7 Novembre 2008, en pleine élection Obama. Mike Muir se reposant, c’est avec Dean Pleasants, guitariste de Suicidal Tendencies (depuis 96) et  Infectious Groove que j’ai rendez-vous. Finalement, ça m’arrange : j’ai lu tellement d’interview de Mike Muir, ça changera un peu.  Le type est affable, pro (il arrive à t’endormir ses réponses parfois….) et assez sympa. Bandana, magnéto, on y va !

J.I.P: En 25 ans de carrière, ST a survécu aux mauvaises critiques, (élu « Worst Band/Biggest Assholes » en 1982 par le zine Flipside), à la pression du FBI, au fait d’être interdit à L.A, aux soucis de business, aux changements de line-up, aux opérations au dos qu’a subi Mike Muir (il rit) : j’ai oublié quelque choses

Dean: Non non…euh…je crois que t’as tout cité (rires)

J.I.P: Qu’est ce qui pourrait définitivement arrêter ST (what could BRING YOU DOWN référence au morceau You Can’t bring me Down)
D: Mmmh… Franchement, à part si il arrivait quelque chose à Mike…Mais comme il est en bonne santé ! Ce qui maintient Suicidal Tendencies ensemble, c’est notre amour pour la musique mais également le fait qu’on ait toujours quelque chose à dire. Le fait aussi qu’on ait constamment du sang neuf dans ce groupe nous maintient en vie. Eric (Moore, le nouveau batteur assis en face) est un nouveau membre, enfin presque, puisqu’il jouait auparavant avec Infectious Grooves! C’est un bon mélange entre jeunes et  vieux. Je fais partis de ST depuis 1996, Mike Muir & Mike Clark sont les deux plus anciens. C’est une bonne chose de maintenir une certaine fraicheur dans notre musique, ce qui nous permet d’avoir encore des choses à dire et d’encore vouloir jouer cette musique.

C’est la seconde tournée française de ST en moins de 2 ans. Tout d’abord, merci…(rires)
(en français) Oui ! Merci !

…Pourquoi cette faveur ? Qu’il y- a-t’il de spécial entre ST & la France ?

D: On aime venir ici, montrer notre gratitude envers les fans français qui nous sont toujours restés fidèles et loyaux. Les Français ont été les premiers à vraiment bien accueillir ST & Infectious Grooves, donc chaque fois qu’on a quelque chose de nouveau à proposer, comme ici ou l’on s’apprête à sortir l’album, ou quand on commence une tournée, on commence par chez vous ! On se sent bien ici, on a de bonnes relations avec les organisateurs français et les gens en général, c’est pour ça qu’on vient !

A la fin des années 80, début des années 90, vous aviez atteint un succès mondial, vous tourniez avec Metallica, vendiez des millions d’albums et vous avez pourtant splitté en 1995. Avec le recul, était-ce une bonne décision ? Feriez vous différemment si c’était à refaire ?

D: A cette époque j’étais dans Infectious Groove, j’étais donc proche de Mike et Robert (Trujillo) et je connaissais Clark et Rocky et… Mike avait besoin de changement, de s’éloigner de tout ça, les tournées devenaient pesantes pour tout le monde, certaines personnes dans le groupe étaient… (hésitation)… voulaient continuer à tourner, d’autres non. Bref, il était temps de faire un break !  Quand ST est revenu en 96, Rocky voulait faire d’autres trucs,  Robert voulait évoluer par lui-même, il était du projet CYCO MIKO (autre side-project éphèmere de Mike Muir censé rendre hommage à son amour pour le punk anglais NDLR) mais voulait rejoindre Ozzy. Donc Mike a décidé de prendre de nouveaux membres. J’étais dans le coin, je jouais avec Infectious Groove donc il m’a proposé de rejoindre ST. Je savais que ça ne serait pas simple de remplacer Rocky mais… Je ne remplace par Rocky ! Je suis quelqu’un d’autre ! Bref, je ne connais pas toutes les histoires parce que je n’étais pas là à ce moment. (rires)

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