JIP#3

Lost Boys « Don’t touch my LP’s » interview – Joker in the pack #3 (Déc.2008)

Ce groupe -dude- c’est les Black Flag français ! Un retour aux sources qui fait du bien, qui ravive cette petite flamme qu’on a depuis gamin, le casque sur les oreilles et la board sous la main. Tout simplement parce que du Old School c’est les racines, et qu’on en a tous écouté. Avec Lost Boys Comment ne pas penser à ce noyau dure avec des figures telles que Rollins et Biafra. Lost Boys viennent de Lyon : G.Flo à la batterie (comprenez Grand Flo), Bertrand à la guitare, Jo’ à la basse (un petit nouveau ouais !) et Lucien au chant. Rapide, efficace, détonnant…Ajoutez à cela une démarche et motivation qui leur donne l’occasion aussi de bouger très souvent et même hors de nos frontières…Vous obtenez donc une bombe de Hc intemporelle qui vous éclate à la figure 20 ans après. On peut en être fier, c’est chez nous ! Chopez les prods, faites les jouer, chroniquez-les mais en tout cas vous ne pouvez pas passer à côté…bien entendu si vous aussi, vous détestez grandir !

«[…]I don’t want to grow up, If growing up means being like you, Then I don’t want to be like you, Recycled trash, It’s deja vu […]» DESCENDENTS


J.I.P: « Lost Boys » ou les « garçons perdus »; c’est sympa mais ça fait référence à quelque chose? (genre syndrome de Peter pan ?)

Bertrand : Au départ le nom vient de ce film 80’s de vampires Génération perdue mais aussi d’une poignée de morceaux de MIA compilés sur Alternative Tentacles sortis sous le nom de Lost Boys. Quant à la référence à Peter Pan, c’est bien vu et je crois que ça nous correspond tout à fait. Cette notion et cette volonté de refuser de grandir, de refuser les valeurs du monde adulte. On est tous atteint du syndrome de Peter Pan dans le groupe.

G.flo : Lucien le dira mieux que moi mais je pense qu’on se retrouve pas mal dans cette notion de garçons un peu perdus dans ce monde bizarre… allez Lucien développe !

Lucien: C’est une référence à tous les gamins qui grandissent trop vite et qui mettent des costumes trop grands pour eux, qui lisent Stephen King et voient sous chaque tas de feuilles mortes une bête prête à surgir… C’est un beau doigt à tous les carriéristes et laudateurs du Travail, aux zombies que je croise, qui ne servent à rien, qui ne m’ apportent rien. Belles poussettes. Nouvelles bottes. Téléphone-Internet-réacteur. Discours sur mesure. Punk-rockers en mousse. Des meutes de vide. Creux. Débiles. Lost Boys c’est pour tous ces gens cons comme des ballons qui polluent mon espace.

J.I.P: Comment se compose le groupe ? Des side projects pour certains ou d’anciennes formations?

Bertrand : Je joue de la guitare dans Lost Boys. C’est la première fois que je suis autant impliqué dans un groupe. Auparavant je jouais dans un groupe 60’s punk avec des gars de Lyon, nous n’avons fait qu’un seul concert. Quand j’habitais à Besançon j’ai joué dans un groupe qui s’appelait Hate Free: du Hardcore entre Ten Yard Fight et Strife.

G.flo : Je joue la batterie dans Lost Boys. J’ai déjà eu d’autres groupes avant. Je chantais dans The Cold Within qui était un groupe de Hardcore Newschool un peu à la Shai Hulud et consorts…J’ai aussi joué de la batterie dans un groupe de blues/stoner (si,si!) qui s’appelait Sungod motel.

Lucien : Je chante. Mon premier groupe s’appelait Nothing to prove, c’était il y a une dizaine d’années… j’ai aussi joué dans Uprising et Violent Pacifiction. J’ai un petit projet où je joue de la batterie sur Montbéliard qui s’appelle Gorilla Grippin’.


Vous avez débuté en 2006, comment ça s’est passé depuis? Niveau line up, concert; ça évolue?

Lucien: On joue régulièrement, on enquille les kilomètres et les aires d’autoroutes. Malgré les mauvais sandwichs Tricatel et notre problème de bassiste. Pas facile de trouver quelqu’un de motivé, sérieux et disponible dans ce bas-monde pour tenir un manche… On avance, on se fait plaisir, on apprend c’est ça le principal. Une chouette aventure !!


J.I.P : Vous êtes de Lyon, comment est la scène de l’est? Les concerts et endroits cool que vous pouvez citer?

Bertrand : Je tiens à préciser que je ne suis pas lyonnais d’origine, j’habitais Besançon avant de m’installer à Lyon il y a maintenant 5 ans. Côté scène de l’Est, je citerai pour Lyon : les Buttshakers (garage-soul, avec une chanteuse dotée d’une voix énorme) et Copper Blue (punk-rock ambiance Husker Du, Mega city Four et Jawbreaker). Ces deux groupes restent mes préférés de la ville. A Saint-Etienne il y a Ken Park (Negative Approach-style, bien vénère et rentre dedans), je préfère en live que sur disque. Toujours à Saint-Etienne en punk-rock il y a Clean Cuts que j’adore et Le Parti (plus dans le délire post-punk), super bien aussi.
Pour le grand Est je pense tout de suite aux excellents
Strong As ten et aux potes de Besançon The Irradiates (superbe surf-music même si un poil trop gros son !!!). Black Zombie Procession from Besançon city ont bien la classe aussi. Flying Donuts sont énormes à voir en live absolument.

G.flo : A la liste de Bertrand j’ajouterais tout de même le groupe Fleurs de Lyon qui est un groupe de garage ultra vénère vraiment classe ! Puis on a tout de même d’autres groupes genre Overmars ou Daïtro qui sont déjà bien installés…Lyon est une ville plutôt cool au final!

Lucien : En ce qui concerne les concerts – c’est ça qui me vient tout de suite à l’esprit – j’ai de mémorables souvenirs : Madball au Cube à Audincourt en 96, The Spudmonsters l’année d’après, Strain au Pinky Bar à Nommay, Turmoil à Strasbourg, etc… D’inoubliables moments, que ce soit Sapo ou Sarah au Nelson Bar ou Botch à Nancy…

Vous êtes très influencé Old School, vivre dans le passé: pourquoi?

Bertrand : De manière générale tout ce que j’aime est Old School : la musique, le ciné, les bouquins, les fringues, la déco’. Je suis un nostalgique de première. Je crois que je suis né dans la mauvaise époque, 30 à 40 ans trop tard. En ce qui concerne le Hardcore, je n’ai jamais trop tapé dans les groupes métal donc plus actuels, j’aime quand le HxC garde une touche punk-rock. D’un point de vue technique, je crois que je serais incapable de jouer autre chose aussi, mes riffs de guitare sortent instinctivement, ce n’est pas calculé, ça sonne avec cette touche « vieux » Hardcore.

G.flo : Je suis plus ouvert à d’autres styles de musiques même les plus récents. Pour Lost Boys cependant je crois qu’on s’est vraiment tous retrouvés avec cette envie de faire un groupe droit au but et ce style de musique nous est apparu comme une évidence.

Lucien : Tout simplement parce que j’y trouve une rage, une radicalité, une violence que je ne retrouve pas forcément dans d’autres styles. Bad Brains, Black Flag, Dead Kennedys, Adolescents comme exemples de vieilles gloires, Life’s halt, Ceremony, Cut the shit, Sunpower, Skate Korpse, Career suicide pour les plus récents ; ils ont en commun ce quelque chose qui me fait serrer le poing et me donne la chaire de poule…Le schéma musique rapide/chansons courtes me plaît beaucoup.

J.I.P: Votre playlist Old School en 10 titres dans la foulée tiens !

Bertrand : Excellente question, bien plus importante que de savoir où je me situe politiquement mais très difficile à y répondre. Allez je me lance voici 10 titres de Hardcore à l’ancienne qui me donnent la trique, qui me permettent de respirer, de me sentir vivant, de cracher mon venin, de supporter ce triste monde. Dans le désordre :

Angry Samoans : Right side of my mind
Black Flag :
Fix me
Descendents :
I’m not a loser
Channel 3 :
Catholic boy
The Germs :
Media blitz
JFA :
Beach blanket bong out
Zero Boys :
Civilizations dying
D.I :
Hang ten in east Berlin
Misfits :
Bullet
Husker Du :
Diane

G.flo : allez je tente .c’est une impression sur le moment là mais en aucun cas exhaustif…
SSD : Boiling Point
Negative Approach :
Nothing
Jerry’s Kids:
Straight Jacket
Gang Green:
I have Rabies
F.Us:
My America
Reagan Youth:
Degenerated
Adolescents:
Kids of the black hole
Minor Threat:
12XU
Black Flag:
Nervous breakdown
Circle jerks:
Beverly Hills
Verbal Abuse:
I hate you

Lucien:
America’s Hardcore: Born prejudice
Gorilla Biscuits :Start today
Offenders:Lost causes
Misfits: Skulls
Genetic Control:1984
Big Boys:Sound on sound
The Freeze:This is Boston not L.A.
Minor Threat:Out of step
Channel 3: Wetspots
Bad Brains: I against

(suite…)

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Suicidal Tendencies – Interview Joker in the pack #3 (2008)

ST est en ville ! L’éternel comeback du groupe qui a survécu à tout (le FBI, le business, le succès, les conflits internes, les problèmes de santé). Après une 1e carrière pavée de succès, la carrières des ? original punk skaters from venice Beach ? a été émaillée de reports : reports de sortie de disques, reports de tournées…La malchance colle au groupe. Après le fracassant FREEDUMB qui avait mis tout le monde d’accord en 1999, on se disait que c’était bon, mais le dos du leader MIKE MUIR a dit non. Le projet funk-métal (un peu relou pour moi) INFECTIOUS GROOVES mené de front avec les mêmes membres, brouille également les pistes et le retour tant espéré au sommet semblait toujours repoussé. Et puis, à l’occasion d’une tournée française il y a 2 ans, j’ai pu vérifier que la machine scénique était aussi impressionnante que la rumeur le disait. A plus de 40 ans, Mike Muir n’a rien perdu de son charisme et 25 ans de carrière n’ont pas entamé leur efficacité .


Interview  réalisée avant un concert (orgiaque, de 2h !)  au Mans le 7 Novembre 2008, en pleine élection Obama. Mike Muir se reposant, c’est avec Dean Pleasants, guitariste de Suicidal Tendencies (depuis 96) et  Infectious Groove que j’ai rendez-vous. Finalement, ça m’arrange : j’ai lu tellement d’interview de Mike Muir, ça changera un peu.  Le type est affable, pro (il arrive à t’endormir ses réponses parfois….) et assez sympa. Bandana, magnéto, on y va !

J.I.P: En 25 ans de carrière, ST a survécu aux mauvaises critiques, (élu « Worst Band/Biggest Assholes » en 1982 par le zine Flipside), à la pression du FBI, au fait d’être interdit à L.A, aux soucis de business, aux changements de line-up, aux opérations au dos qu’a subi Mike Muir (il rit) : j’ai oublié quelque choses

Dean: Non non…euh…je crois que t’as tout cité (rires)

J.I.P: Qu’est ce qui pourrait définitivement arrêter ST (what could BRING YOU DOWN référence au morceau You Can’t bring me Down)
D: Mmmh… Franchement, à part si il arrivait quelque chose à Mike…Mais comme il est en bonne santé ! Ce qui maintient Suicidal Tendencies ensemble, c’est notre amour pour la musique mais également le fait qu’on ait toujours quelque chose à dire. Le fait aussi qu’on ait constamment du sang neuf dans ce groupe nous maintient en vie. Eric (Moore, le nouveau batteur assis en face) est un nouveau membre, enfin presque, puisqu’il jouait auparavant avec Infectious Grooves! C’est un bon mélange entre jeunes et  vieux. Je fais partis de ST depuis 1996, Mike Muir & Mike Clark sont les deux plus anciens. C’est une bonne chose de maintenir une certaine fraicheur dans notre musique, ce qui nous permet d’avoir encore des choses à dire et d’encore vouloir jouer cette musique.

C’est la seconde tournée française de ST en moins de 2 ans. Tout d’abord, merci…(rires)
(en français) Oui ! Merci !

…Pourquoi cette faveur ? Qu’il y- a-t’il de spécial entre ST & la France ?

D: On aime venir ici, montrer notre gratitude envers les fans français qui nous sont toujours restés fidèles et loyaux. Les Français ont été les premiers à vraiment bien accueillir ST & Infectious Grooves, donc chaque fois qu’on a quelque chose de nouveau à proposer, comme ici ou l’on s’apprête à sortir l’album, ou quand on commence une tournée, on commence par chez vous ! On se sent bien ici, on a de bonnes relations avec les organisateurs français et les gens en général, c’est pour ça qu’on vient !

A la fin des années 80, début des années 90, vous aviez atteint un succès mondial, vous tourniez avec Metallica, vendiez des millions d’albums et vous avez pourtant splitté en 1995. Avec le recul, était-ce une bonne décision ? Feriez vous différemment si c’était à refaire ?

D: A cette époque j’étais dans Infectious Groove, j’étais donc proche de Mike et Robert (Trujillo) et je connaissais Clark et Rocky et… Mike avait besoin de changement, de s’éloigner de tout ça, les tournées devenaient pesantes pour tout le monde, certaines personnes dans le groupe étaient… (hésitation)… voulaient continuer à tourner, d’autres non. Bref, il était temps de faire un break !  Quand ST est revenu en 96, Rocky voulait faire d’autres trucs,  Robert voulait évoluer par lui-même, il était du projet CYCO MIKO (autre side-project éphèmere de Mike Muir censé rendre hommage à son amour pour le punk anglais NDLR) mais voulait rejoindre Ozzy. Donc Mike a décidé de prendre de nouveaux membres. J’étais dans le coin, je jouais avec Infectious Groove donc il m’a proposé de rejoindre ST. Je savais que ça ne serait pas simple de remplacer Rocky mais… Je ne remplace par Rocky ! Je suis quelqu’un d’autre ! Bref, je ne connais pas toutes les histoires parce que je n’étais pas là à ce moment. (rires)

(suite…)